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Voir aussi nos dossiers : Les maladies d'amour
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La sexualité de l'homme blessé médullaire

D'aucuns estiment que la restauration de la fonction sexuelle joue un rôle majeur dans la réintégration sociale du blessé médullaire. Une telle considération a permis de conduire au concept même de santé sexuelle. L'Organisation Mondiale de la Santé définit cette dernière comme "(...) l'intégration des aspects somatiques, affectifs, intellectuels et sociaux de l'être sexué de façon à parvenir à un enrichissement et à un épanouissement de la personnalité, de la communication et de l'amour".

Bien qu'elle ne se rapporte pas explicitement aux handicapés physiques, cette définition est particulièrement utile dans une démarche thérapeutique. Elle indique clairement que le problème, loin d'être purement sexuel, implique l'individu tout entier dans sa vie organique, psychoaffective et socioculturelle.

Le comportement sexuel relevant des aspects somatiques est sous la double commande des centres encéphaliques et des centres spinaux dont le fonctionnement est de type réflexe. La connaissance de leur topographie a été précisée grâce à des analyses sémiologiques effectuées chez les paraplégiques. Ainsi, toute lésion de la moelle épinière chez l'homme conduit inévitablement à un dysfonctionnement génito-urinaire. Chez la femme, les problèmes organiques semblent moins importants car l'atteinte neurologique n'influence ni la fécondité, ni le déroulement des rapports sexuels.

Dysfonctionnements génito-sexuels : Néophysiologie

Pour la sexualité et la procréation, l'homme dispose de deux fonctions physiologiquement dissociées: l'érection et l'éjaculation

  • L'érection est nécessaire à l'intromission ;
  • L'éjaculation repose sur l'émission et l'expulsion de la substance séminale servant à la fécondation. Des manifestations orgastiques accompagnent ordinairement cette phase.

Diverses perturbations concernant chacune de ces deux fonctions sont observées chez les hommes paraplégiques. Leur sommation engendre de nouvelles expressions cliniques, de nouveaux comportements relationnels, en bref une néophysiologie génito-sexuelle.

L'érection

Directement en rapport avec le syndrome lésionnel, on distingue trois types d'érections:

  • L'érection réflexe est une érection proche de la normale. Elle s'obtient par une stimulation appropriée de la région génitale. D'autres manoeuvres sous-lésionnelles, en zone anesthésiée, telles que les manipulations urinaires, peuvent la déclencher inopinément. Pour cela, la réflectivité des myélomères sacrés en S2, S3 et S4, région périnéale, doit être parfaitement conservée. L'érection sera toutefois de bien meilleure qualité si la lésion est au-dessus de D 10. Dans les syndromes neurologiques complets, l'érection n'est jamais perçue même si la verge atteint ses dimensions maximales.
    L ‘absence de sensibilité se retrouvera aussi lors du retour rapide de la flaccidité qui pourra survenir à tout moment et contrarier la poursuite du coït. Ce phénomène est fréquent et mal compris;
  • L'érection psychogène est induite par l'évocation érotique et est ressentie par le sujet comme un vague besoin mictionnel. Il s'agit, dans ce cas, de simple dilatation molle de la verge plutôt que d'érection vraie. Les rapports seront évidemment très difficiles, voire impossibles. Ce type d'érection est rare. On le décrit dans les atteintes inférieures à D10-D12 ayant épargné la sensibilité testiculo-épididymaire qui dépend en grande partie de D10;
  • L'érection mixte associe des conditions appartenant à ces deux autres modes, soit une spasticité sacrée et une lésion inférieure à D10-D12. Elle peut être compatible avec les rapports sexuels.

L'éjaculation

Toute altération de l'arc réflexe (centres et/ou connexions nerveuses) détermine un état pathologique. Là aussi, trois situations cliniques peuvent être observées :

  • Un syndrome lésionnel complet étendu au centre dorso-lombaire, ou au moins à D12 et L1, compromet toute possibilité éjaculatoire et ce d'autant plus que le centre sacré S2-S4 est touché;
  • Une lésion médullaire qui recouvre les myélomères sacrés et épargne totalement la jonction dorso-lombaire autorise une émission séminale, mais elle entrave le déroulement ordinaire de l'expulsion. L'éjaculation se fait alors de façon asthénique, sans jets, ni contractions musculaires. Elle est qualifiée de baveuse;
  • Une lésion dont la limite inférieure est au-dessus de D10 permet aux deux centres médullaires de fonctionner de façon réflexe et synergique.

Les phénomènes orgasmiques

Les phénomènes orgasmiques qui accompagnent l'éjaculation sont vécus différemment selon les individus. Ils revêtent des formes inhabituelles et constituent des équivalents d'orgasme.

Chez les paraplégiques hauts (supérieurs à D4) ou les tétraplégiques, ils peuvent se manifester par des signes d'hyper-réflectivité autonome (HRA) associant des frissons, des céphalées, de l'angoisse, de l'hypertension artérielle ou d'autres désordres végétatifs.

Les paraplégiques bas (inférieurs à Dl2) présenteraient des orgasmes émoussés. Cependant, l'introduction dans la relation sexuelle de la dimension affective et de l'imaginaire compense souvent, d'une façon ou d'une autre, certains déficits sensitifs. C'est dire toute l'importance de la vie de couple et de l'expérience prélésionnelle du partenaire paraplégique.




 

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